Charles Le Borgne

Le sauvetage de l'équipage du Marie Thérèse Le Borgne - Nov. 1954

Ramenés par l’Augustin Le Borgne.

Dix-sept membres de l’équipage et deux passagers du cargo marseillais sont arrivés à Sète.

 

Montpellier (C.P.).

 

      L’ « Augustin Le Borgne » a touché Sète hier, vers 15h30. Il avait à son bord 17 officiers et matelots du « Marie Thérèse Le Borgne » ainsi que deux passagers qui se trouvaient sur ce dernier navire lorsqu’un incendie se déclara dans la salle des machines, mardi 9 novembre vers 12h30.

      Nous avons pu, hier après-midi interroger le commandant de l’ « Augustin Le Borgne » et les membres de l’équipage du « Marie Thérèse Le Borgne » qui nous ont fait le récit des heures dramatiques qu’ils ont vécues.

 

Prisonnier des flammes

      Le « Marie Thérèse Le Borgne » avait quitté Alger avec à son bord 532 tonnes de primeurs.C’est à 12h30 que l’officier-mécanicien Munier et le nettoyeur Cadoret louis, ce dernier âgé de 38 ans, originaire de Rennes, qui se trouvaient dans la salle des machines, aperçurent des flammes cependant que l’officier-mécanicien grimpait sur le pont pour donner l’alarme.

      Cadoret se précipitait vers un extincteur situé près des foyers d’incendie, mais les flammes se multiplièrent avec une soudaine rapidité et firent une barrière retenant prisonnier le malheureux matelot.Celui-ci tenta, mais en vain, de s’échapper par le hublot.

      Le commandant Anquet, du « Marie Thérèse Le Borgne », exhorta Cadoret à forcer les flammes et, à cette fin, lui fit passer des vêtements mouillés. Le matelot put, ainsi, échapper à un destin fatal. Il s’en tira avec une brûlure légère au bras.

 

Un sauvetage difficile

      Lorsque l’ «Augustin Le Borgne » arriva à proximité du navire en flammes, il manœuvra de façon à l’accoster, mais l’état de la mer très agitée ne lui permit pas de conserver cette position.

Dans le temps où les deux navires furent bord à bord, leurs coques se heurtèrent à plusieurs reprises et, de l’ « Augustin le Borgne », on tenta de lutter contre l’incendie.

      Cependant huit membres de l’équipage et les deux passagers du bord changèrent de navire ; ils purent sauter d’un pont à l’autre.

      Le reste de l’équipage fut transbordé à l’aide d’embarcations de sauvetage.

      Le « Marie Thérèse Le Borgne » fut pris en remorque par l’ « Augustin Le Borgne ». Mais, la mer grossissant, cependant que les deux navires marchaient à vitesse réduite et se rapprochaient de la côte, le commandant Anquet, le lieutenant Quirolus  et le maître d’équipage regagnèrent en barque, le « Marie Thérèse Le Borgne » afin d’en assurer la direction.

L’incendie put être enfin circonscrit et le danger écarté, car le « Marie Thérèse Le Borgne » avant son départ d’Alger, avait fait le plein de mazout, et les flammes se rapprochaient dangereusement des réservoirs.

      Le remorqueur de haute mer « Saint-Louis » a pu prendre la relève de l’ « Augustin Le Borgne ». Mercredi, l’ « Augustin Le Borgne » avec à son bord l’équipage du « Marie Thérèse Le Borgne » et les deux passagers a fait route sur Sète, son port d’attache.

Cependant que le remorqueur « Saint-Louis » et le navire sinistré se dirigeaient très lentement, vu l’état de la mer, vers Marseille.

      On ne peut préciser encore à quel moment les deux navires toucheront ce port.

      Il semble que la cargaison du bateau sinistré a souffert du feu.

      Dès que l’ « Augustin Le Borgne » a touché les quai de Sète hier après-midi, les membres de l’équipage du « Marie Thérèse Le Borgne », qui ont tous leur domicile à Marseille, ont regagné cette ville par le train. 

 

 

La tragédie du « Marie Thérèse Le Borgne »

 

      La tragédie du « Marie Thérèse Le Borgne », qui prit feu entre Alger et Marseille au large des Baléares s’est terminée hier.

      Après les péripéties qui ont marqué le sauvetage du navire, et que nous avons longuement relatées, le « Marie Thérèse Le Borgne » est arrivé à Marseille, remorqué par le « Saint-Louis » remorqueur de sauvetage algérois de la Cie Schiaffino.

      Le feu couvait encore dans la cale arrière lorsque les deux navires parvinrent à la passe.

      Par mesure de précaution, le commandant des ports, Mr Ducruet, fit donc amarrer le cargo à Mourepiane, poste 153, et non à la Joliette comme il avait été prévu.

Différentes personnalités vinrent assister à l’arrivée du navire : M. Mignon, représentant M. le préfet, M. Lebert, adjoint, représentant M. Gaston Defferre, député-maire, M. Manivet, chef de quartier à l’Inscription maritime, le commandant Michel des marins pompiers, MM. Payan et Dautun, commissaires spéciaux etc.

      Le commandant Anquet, le second G.Gueffurus, et le maître d’équipage G. Henri, qui étaient demeurés à bord du « Marie Thérèse Le Borgne » après l’évacuation de l’équipage furent félicités par les personnalités officielles et par MM. Miramont  directeur, et Ph. Joubert, administrateur de la Cie Le Borgne.

      Le commandant Anquet refit  le récit de l’incendie – que nous avons déjà publié – et souligna la belle attitude de son équipage.

      C’est avec des moyens précaires que les marins ont lutté contre le feu et ont pu sauver le cargo.

      Après l’accostage du « Marie Thérèse Le Borgne », les marins-pompiers sont montés à bord et avec l’aide du bateau-pompe « Pythéas » ont fini d’éteindre l’incendie.

      Les dégâts sont énormes et une partie de la cargaison parait endommagée.

      Les réparations immobiliseront le « Marie Thérèse Le Borgne » pendant de longs mois.

      Ainsi s’achève ce triste évènement de mer qui, fort heureusement, n’a fait aucune victime.

 

J.R.

 

 

Les dégâts du cargo

 

      Le commandant Boulpiquante désigné pour l’expertise des dégâts subis par le « Marie Thérèse Le Borgne » établit actuellement la spécification des travaux à entreprendre pour la remise en état du bâtiment.

      Un premier examen a permis de constater que toute la partie arrière du cargo est endommagée et les tôles jusqu’à la ligne de flottaison tribord sont à remplacer. L’appareil moteur ainsi que les moteurs auxiliaires devront être vérifiés en atelier afin d’être soit réparés soit remplacés. Toute l’installation électrique est en outre à refaire aussi et les aménagements de l’équipage.

      Un appel d’adjudication va être lancé à cet effet aux chantiers marseillais de réparation navale.

 

 



28/07/2011
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