Charles Le Borgne

Le "Marie-Thérèse Le Borgne" est sauvé

 

 

Le "Marie-Thérèse Le Borgne" est sauvé

 

 

 

     Le cargo Marie-Thérèse Le Borgne » à bord duquel un incendie avait éclaté en mer, et dont le sort avait donné de sérieuses inquiétudes, est arrivé à Marseille le 13 novembre avec le remorqueur « Saint-Louis », du port d’Alger.

 

     Le navire est maintenant amarré au quai des Forges et déjà on s’occupe de sa remise en état. Les dégâts sont importants, mais réparables. La dunette qui contenait la plus grande partie des emménagements et le compartiment machines, a été dévastée par le feu.

 

     Les tôles de bordée sont marquées assez bas sur la coque, les ponts et les cloisons sont gondolées, les boiseries ont disparu. Dans la machine, le moteur principal a dû souffrir, des auxiliaires ont été détruits.

 

     Il n’y a pas eu de victimes, le navire est sauvé, la cargaison l’est en partie. Les gens du bord et leurs assistants se sont bien défendus. Pour nous cela paraît régulier. C’est du travail bien fait.

 

     Le cran, le dévouement, l’héroïsme, ça fait tellement partie du métier.

 

     Nous rappellerons ici le déroulement des faits. Le « Marie-Thérèse Le Borgne » était parti d’Alger le 8 novembre à 23 heures. Le 9, vers 12h35, alors que le navire se trouvait à une quinzaine de milles du cap Féra, c’est-à-dire de la pointe est de l’île Majorque, le feu prend dans le compartiment machines, dans des conditions que l’enquête en cours doit déterminer. Tout de suite deux caisses à combustibles, la caisse journalière et la caisse de la cuisine, sont atteintes et le sinistre devient grave. On est obligé d’évacuer le compartiment machine, on est donc dans l’impossibilité de mettre une pompe en route. On ne peut utiliser que les extincteurs de pont. Le nettoyeur Cadoret qui tente de redescendre pour manœuvrer le grand extincteur de la machine, est refoulé par les flammes jusque dans le coqueron arrière et se trouve bloqué devant les hublots trop petits pour lui permettre d’échapper. On réussit à lui faire passer des couvertures mouillées. Il s’en enveloppe et arrive ainsi à rejoindre une porte dela machine. Celle-ci déjà déformée, ne s’ouvre plus. Fort heureusement à coups de masse on parvient à l’ouvrir de l’extérieur. Cadoret s’en tire avec quelques brûlures aux bras, mais il était temps.

 

     Un autre navire de la compagnie, l’ « Augustin Le Borgne », qui se trouvait à proximité, rallie vers 13h30. Il accoste le « Marie Thérèse » et immédiatement lui passe trois manches qui permettent, avec l’aide de nouveaux extincteurs de reprendre un peu le dessus et de stopper l’extension du feu. Malheureusement les deux navires jouent, les manches sont tiraillées, elles cassent les unes après les autres, et vers 15h15, il n’y a plus de manches en action.

Vers 16heures, les deux passagers, et huit des vingt hommes du « Marie Thérèse » passent sur l’« Augustin ». Celui-ci prend le « Marie Thérèse » en remorque et en le maintenant debout au vent, fait route vers la côte de Majorque.

 

     Vers 20 heures, tandis que le feu continuait à dévorer la dunette, le navire semblait enfoncer doucement par l’arrière. Le commandant Anquet décide alors que l’équipage passera sur l’ « Augustin ». Lui-même restera à bord jusqu’à nouvel ordre. L’équipage refuse alors d’évacuer le navire, si le commandant reste à bord. Tout le monde évacue le « Marie- Thérèse »  Entre temps, le « Charles Le Borgne » était arrivé sur les lieux.

 

     Vers 4 heurs du matin, la remorque casse. Au jour, le vent et la mer fraîchissent. Le commandant Anquet demande des volontaires pour retourner à bord ; il doit faire un choix et vers 7h30 il quitte l’ « Augustin » avec le lieutenant Queffurus et le maître d’équipage Henric, dans un youyou. Sur le navire sinistré le feu gagnait dans l’entrepont. A 8 heures, la remorque est redonnée à l’ « Augustin ».

 

     Vers 11 heures, le même jour 10 novembre, le remorqueur « Saint-Louis » arrive. L’ « Augustin » largue la remorque. Vers midi, le « Saint-Louis » a maillé sa remorque sur la chaîne bâbord  du « Marie Thérèse » et fait route.

 

     Malgré du gros temps rencontré au cap Saint-Sébastien, le convoi gagne vers le but. Après avoir été sur le point d’entrer à Sète,  il peut rallier Marseille où il arrive le samedi 13 au matin.

 

     Amarré vers 11h30 au quai de Mourepiane, il est pris en main par les marins-pompiers et le soir vers 18 heures, tout était clair.

 

     Pendant trois jours, les trois qui étaient à bord, ont vécu de tomates et de conserves. Ils se relayaient pour surveiller la marche du feu qui se trouvait à peu près stoppé par le puits de tonnage dans la progression vers l’avant.

 

    Au commandant Anquet et à ses hommes, à tous ceux de l’ « Augustin », du « Charles », du « Saint-Louis » qui ont noblement maintenu les traditions d’honneur et de courage, nous adressons d’amicales félicitations.   



08/10/2011
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